Après 6 mois, 63 auditions de 238 personnalités, 150 heures de débats, la commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public a adopté le rapport controversé du député Union des droites pour la République, Charles-Henri Alloncle. Mise en place à la demande du RN et des députés ciottistes, cette commission a donné lieu à un spectacle tragique de démolition en règle de l’audiovisuel public français et à une parodie de démocratie.
Un pathétique spectacle
De Les 150 heures d’audition ont consisté en des réquisitoires et des charges brutales de la part du rapporteur Alloncle contre le service public de l’audiovisuel accusé de tous les maux – et en particulier de dilapider l’argent public.
Sur la forme, le rapporteur a œuvré à une brutalisation des débats, attaquant violemment les personnes auditionnées, les interrompant en permanence, mettant en doute leur parole, pourtant sous serment. Sur le fond, Charles-Henri Alloncle a multiplié les mensonges, les affabulations et les approximations, salissant son mandat. Entre fausses accusations, chiffres erronés et fantasmes sur la manipulation de l’information, il a fait peu de cas de la vérité. Le rapporteur, censé faire preuve d’objectivité et de neutralité, a joué le rôle d’un “petit rapporteur”, pour mieux servir les intérêts de la droite et de l’extrême droite..
Une offensive contre l’audiovisuel public
Car son seul objectif, outre l’outrance permanente pour asseoir sa notoriété, n’était que de saper la réputation de l’audiovisuel public pour favoriser les intérêts de ses commanditaires. En effet, derrière Charles-Henri Alloncle flottait l’ombre envahissante du magnat d’extrême-droite Vincent Bolloré, propriétaire d’une galaxie de médias, de CNews au JDD en passant par Canal+, concurrents des médias du service public. Son audition s’est ainsi apparentée à un exercice de complaisance et plus grave, le groupe Lagardère, qu’il contrôle, a transmis en amont des questions pré-rédigées à certains députés.
Une bataille politique
A moins d’un an de l’élection présidentielle, la bataille culturelle pour imposer les thèmes de débat dans l’opinion fait rage, et Vincent Bolloré a tout intérêt à renforcer sa mainmise sur les médias pour favoriser ses écuries que sont le RN et le parti ciottiste.
Les députés ont donc validé la publication du rapport après des heures de tension. À la clé : fusion de France 2 et France 5, suppression de France 4 et du Mouv’, un milliard d’euros en moins et les présidents de France TV et Radio France seraient nommés par le Président de la République.
Alors qu’un contre-rapport a été d’ores et déjà été annoncé, Place publique dénonce une dérive grave.
Nous défendons avec force un audiovisuel public indépendant, exigeant et au service de toutes et tous. Il s’agit là de la défense de notre démocratie, dont la liberté des médias constitue un pilier.
2 mai 2026 | Place Publique
