Dimanche 13 mars

Assurer une place (publique) aux femmes !

Femme politique. L’expression parut longtemps oxymorique tant la volonté d’exclure la femme des affaires publiques et des sphères de gouvernance fut grande, poussant la révolutionnaire Olympe de Gouges à rédiger sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ! Si en 2019 l’expression n’étonne plus, la place des femmes en politique reste pourtant encore à assurer. À l’heure des élections européennes, les chiffres sont éloquents et se font le reflet d’une trop faible représentativité des femmes.

En 2019, combien de femmes députées au Parlement européen ? 273 pour 474 hommes.
En 2019, combien de pays de l’Union européenne gouvernés par une femme ? Huit pour vingt hommes1.
En 2019, combien de pays au monde comptent plus de 50 % de femmes dans les rangs de leur parlement ? Trois : le Rwanda, Cuba, La Bolivie. Pas un n’est européen !

Ni les États européens ni l’Union européenne n’ont suffisamment donné leur place (publique) aux femmes, et trop peu encore semblent en prendre le chemin vertueux. Elles sont pourtant nombreuses à s’investir, à s’engager, à militer dans nos sociétés. Elles sont également nombreuses à vouloir croire en la doxa méritocratique selon laquelle avoir des compétences et des capacités, permet de conquérir un siège parlementaire, peser sur les décisions publiques, se battre pour ses idéaux, et représenter ses concitoyen.ne.s européen.ne.s. Ce trop maigre pourcentage de femmes élues au Parlement européen signifierait-il que les femmes seraient trois fois moins capables ou méritantes que les hommes ?

Outre le pur problème d’égalité des droits femmes-hommes auquel nous devons remédier, c’est en réalité un changement systémique que nous devons opérer, dans les États européens et au sein de l’Union, afin de baisser le coût du ticket d’entrée dans l’agora publique pour les femmes.

C’est pourquoi à Place publique, nous nous engageons à œuvrer, à tous les niveaux, à l’accompagnement de celles qui souhaitent agir en politique, et à la promotion active de politiques le leur permettant.

En nous appliquant, une exemplarité à toute épreuve dans nos pratiques internes :

  • en ayant acté dans nos statuts de gouvernance une parité parfaite dans la composition de notre Conseil Exécutif,
  • par la promotion de nos porteuses et porteurs de causes de façon paritaire. C’est en donnant une voix aux femmes dans les médias - qui y sont invitées deux fois moins que les hommes selon une récente enquête du CSA en France – et sur les bancs du Parlement européen, que nous pourrons faire progresser le système vers plus de représentativité,
  • en présentant une liste exemplaire de candidat.e.s aux élections européennes (et à venir) dans la parité de sa composition. Plus d’excuse : un parlement doit être pleinement représentatif de la société !

Et plus encore, en inscrivant dans notre programme politique :

  • L’application du principe de Clause de l’Européenne la plus favorisée : c’est à dire l’extension à l’ensemble des citoyennes européennes des lois de chaque État membre de l’Union européenne favorisant le mieux la représentation des femmes en politique.
  • Le soutien de toute proposition législative européenne contraignante qui permettrait d’ouvrir toujours plus grandes les portes des postes décisionnels aux femmes de toute l’Europe.
  • La lutte sans relâche contre toutes les formes de discriminations, harcèlements, agressions que subissent les femmes dans leur engagement social et politique.

Ensemble, exigeons une égalité pleine et effective des droits entre les femmes et les hommes ! Soyons radicalement exigeants : l’Europe doit renouer avec les idéaux qui l’ont forgée et qui ont, par le passé, déjà tant apporté aux femmes.

Violaine Lucas @ViolaineLucas, militante féministe et candidate Place publique aux élections européennes, Julien Marsay @JulienMarsay et Claire Versini @ClaireVersini, militant.e.s pour l’égalité des droits à Place publique.


  1. Angela Merkel (ALL), Kolinda Grabar-Kitarovic (CRO), Kersti Kaljulai (EST), Dalia Grybauskaite(LIT), Marie-Louise Coleiro Preca (MAL), Viorica Dăncilă (RO), Theresa May (RU), Zuzana Čaputová (SK)