Chaque année,  le monde agricole est mis sous le feu des projecteurs lors du Salon de l’Agriculture à Paris :  on loue son savoir-faire, ses territoires, ses filières et on souligne ses défis. Cette année, les crises se sont succédées, les colères aussi. Les agriculteurs sont aujourd’hui sous la coupe d’un modèle qu’on leur impose : injuste sur le plan social, fragile sur le plan économique, aberrant sur le plan écologique.

Pour Place publique, il est temps d’engager la transformation profonde et cohérente de notre système agricole et alimentaire avec l’ensemble des acteurs de l’agriculture française. 

Cette transformation repose sur trois piliers : produire autrement, mieux nourrir et mieux rémunérer.

La France doit réinvestir l’agriculture et l’alimentation comme un des piliers stratégiques de notre politique : reprendre le contrôle sur notre production, nourrir localement, nourrir sainement et nourrir tout le monde. Tel est le vrai défi qui nous attend aujourd’hui.

L’Europe peut beaucoup, mais la France peut aussi agir. Maintenant.

Produire autrement

Le monde agricole subit déjà et va continuer à subir de plein fouet le changement climatique. Nous en avons eu un exemple ces derniers jours avec les inondations qui ont ruiné les productions agricoles ; on le voit aujourd’hui avec les catastrophes naturelles, notamment sur le maraîchage ou encore sur le colza, le blé et les petits arbres comme les noisetiers et les abricotiers.  

L’effondrement de la biodiversité et la raréfaction des ressources ajouterons des difficultés massives pour les cultures et notre production. La voie du productivisme intensif, qui privilégie les grosses exploitations, notre dépendance aux intrants chimiques et la mondialisation des marchés, cultive notre dépendance, et fragilise notre sécurité alimentaire. Cela ne permet même pas de fournir un revenu décent aux agriculteurs et aux paysans, à la hauteur du travail accompli, de leur mission et de leur rôle fondamental pour notre pays. 

Nous voulons une transition agroécologique ambitieuse, adaptée aux réalités locales : diversification des cultures, développement du pastoralisme, préservation de la qualité des sols et de l’eau, réduction des pesticides. 

Nous voulons également nous attaquer résolument à la question du foncier :  l’artificialisation des terres et la concentration excessive des exploitations menacent l’avenir de notre agriculture. Garantir l’accès à la terre pour les jeunes générations est une condition de notre souveraineté alimentaire.

Mieux nourrir

Chacun doit pouvoir accéder à une alimentation saine. Il faudra pour cela structurer nos filières pour leur offrir des débouchés suffisants, une logistique adaptée pour donner au monde agricole des perspectives stables. 

Nos cantines scolaires, nos hôpitaux, nos administrations et la restauration collective doivent devenir des fers de lance  de la transition en privilégiant des produits issus de filières responsables et rémunératrices, en privilégiant les circuits courts.

Mieux rémunérer

Aucune transition ne sera possible si celles et ceux qui nous nourrissent ne peuvent vivre dignement de leur travail.

Nous proposons de sécuriser les revenus agricoles, de remettre à plat les rémunérations sur l’ensemble de la chaîne de la valeur alimentaire en régulant plus fermement les pratiques des acteurs dominants de l’agroalimentaire et de la grande distribution. Il est temps de redonner une place centrale à  celles et ceux qui nous nourrissent, qui font vivre nos territoires. La tâche est immense, notre reconnaissance envers le monde agricole aussi.

23 février 2026 | Place Publique