Sa première tentative pour réintroduire en France un pesticide interdit depuis 2028 avait provoqué une véritable levée de boucliers avant d’être censurée par le Conseil constitutionnel.
Pourtant, Laurent Duplomb persiste. Le sénateur LR de Haute-Loire a annoncé cette semaine vouloir déposer une nouvelle proposition de loi pour ré-autoriser l’acétamipride, mais aussi le flupyradifurone, pour la culture des betteraves, des noisettes, des pommes et des cerises.
Pour tenter d’échapper à une nouvelle censure du Conseil constitutionnel, il a adapté son texte, ajoutant des dates butoirs et des méthodes d’utilisation soi-disant « précises ».
Mais derrière ces ajustements cosmétiques, la réalité est claire : c’est un cadeau à l’industrie agro-alimentaire et un leurre, quand on sait que les alternatives agroécologiques existent déjà, mais qu’elles sont ignorées au profit des profits à court terme.
La loi Duplomb est un symbole de la démission écologique du gouvernement.
Plutôt que de céder à ces pressions, il est urgent de soutenir sérieusement les agriculteurs dans leur transition vers des pratiques respectueuses de l’environnement et de garantir une alimentation saine pour tous. La France doit devenir le moteur d’un nouveau modèle agricole, fondé sur la justice sociale, la souveraineté alimentaire et le respect du vivant.
Nos propositions pour une agriculture durable et solidaire
À Place publique, nous portons une vision ambitieuse pour une agriculture écologique, résiliente et équitable :
1. Il faut interdire définitivement les néonicotinoïdes et accélérer la transition agroécologique
Les pesticides de synthèse, comme les néonicotinoïdes, n’ont pas leur place dans une agriculture durable. Nous proposons de :
- Instaurer un revenu de transition écologique pour accompagner les agriculteurs vers des pratiques sans pesticides, en garantissant des revenus décents pendant cette période.
- Créer des zones sans pesticides autour des points de captage d’eau, des écoles et des zones sensibles, afin de protéger les pollinisateurs et la biodiversité.
- Réduire massivement les intrants chimiques et soutenir les alternatives durables, comme le biocontrôle, la rotation des cultures et l’agroforesterie.
Pourquoi ? Les néonicotinoïdes détruisent les écosystèmes et rendent notre agriculture dépendante des lobbies. L’agroécologie, elle, crée des emplois locaux et préserve la santé.
2. Nous souhaitons garantir des prix rémunérateurs et une alimentation saine pour tous
Les agriculteurs doivent pouvoir vivre dignement de leur travail, et tous les citoyens doivent avoir accès à une alimentation saine et locale. Nous proposons de :
- Mettre en place des prix planchers rémunérateurs pour les agriculteurs, en luttant contre la spéculation et les pratiques déloyales qui tirent les prix vers le bas.
- Faire des cantines scolaires le levier d’une alimentation 100% locale, bio et végétarienne, en développant un Plan National pour l’Alimentation Solidaire (réseau de dons, épiceries solidaires, logistique partagée).
- Taxer les produits ultra-transformés (boissons sucrées, malbouffe) pour financer la transition vers une alimentation durable et accessible à tous.
Pourquoi ? Aujourd’hui, les agriculteurs ne vivent pas de leur travail, et les Français n’ont pas toujours accès à une alimentation saine. En rééquilibrant les filières, nous recréons du lien, protégeons la santé et dynamisons les territoires.
3. Nous refusons les méga-bassines et organisons une gestion démocratique de l’eau
L’eau est un bien commun qui doit être géré de manière équitable et durable. Nous proposons de :
- Privilégier des solutions locales, comme la rétention naturelle d’eau et la réutilisation des eaux usées traitées, plutôt que les méga-bassines, qui accaparent l’eau au profit de l’agro-industrie.
- Transformer les comités de bassin en « Parlements de l’eau », associant citoyens, agriculteurs et scientifiques pour une gestion transparente et équitable de cette ressource vitale.
- Instaurer une tarification sociale de l’eau pour protéger les ménages modestes et éviter que l’accès à l’eau ne devienne un privilège.
Pourquoi ? Les méga-bassines assèchent les nappes phréatiques et aggravent les sécheresses. Une gestion collective et sobre de l’eau est indispensable pour l’avenir de nos territoires.
Retrouvez nos autres propositions dans notre Projet !
3 février 2026 | Place Publique
