La nouvelle proposition de loi Duplomb visant à autoriser la réintroduction de pesticides actuellement interdits n’est pas une simple réhabilitation : c’est une menace directe pour la santé publique et pour notre système de protection sociale. Les études scientifiques sont formelles : l’acétamipride et le flupyradifurone, les nouveaux pesticides que le sénateur Les Républicains veut réautoriser pour les cultures de betteraves, noisettes, pommes et cerises, sont liés à une augmentation des risques de cancer.
Selon l’INSERM, il existe une « présomption forte » entre l’exposition aux pesticides et plusieurs pathologies graves : lymphomes, cancers de la prostate, leucémies pédiatriques, et maladies neurodégénératives. Pire, ces substances traversent le placenta et menacent le neurodéveloppement des fœtus.
Atteindre à la santé de la population pour sauver un modèle agricole à bout de souffle est une aberration. L’urgence politique doit être ailleurs.
Un coût insupportable pour la Sécurité sociale
Les conséquences ne sont pas seulement sanitaires : elles sont aussi économiques. Les maladies liées aux pesticides coûtent déjà 48,5 millions d’euros par an à la Sécurité sociale, rien que pour les cas reconnus. Les demandes d’indemnisation via le Fonds d’indemnisation des victimes des pesticides (FIVP) ont bondi de 43 % en 2024, reflétant l’ampleur de l’épidémie. Avec la réintroduction de ces pesticides, ce sont des milliers de nouveaux cas de cancers et de maladies chroniques qui risquent d’alourdir encore la facture, alors que les affections de longue durée représentent déjà 66 % des dépenses de l’assurance maladie.
Un cadeau empoisonné à l’agro-industrie
Laurent Duplomb tente de contourner le Conseil constitutionnel en ajoutant des dates butoirs et des « méthodes d’utilisation précises ». Mais ces ajustements ne changent rien : il s’agit toujours de sacrifier la santé publique sur l’autel des profits à court terme. Les alternatives agroécologiques existent, mais elles sont ignorées au profit des lobbies de l’agrochimie. La loi Duplomb symbolise la démission écologique du gouvernement et une gestion irresponsable des deniers publics.
Nos propositions pour une agriculture durable et solidaire
À Place publique, nous refusons ce choix mortifère. Nous portons une vision ambitieuse pour une agriculture écologique, résiliente et équitable :
1. Interdire définitivement les néonicotinoïdes et accélérer la transition agroécologique
- Instaurer un revenu de transition écologique pour accompagner les agriculteurs vers des pratiques sans pesticides, avec des revenus garantis pendant cette période.
- Créer des zones sans pesticides autour des points de captage d’eau, des écoles et des zones sensibles, pour protéger la biodiversité et les populations.
- Réduire massivement les intrants chimiques et soutenir les alternatives durables (biocontrôle, rotation des cultures, agroforesterie).
2. Garantir des prix rémunérateurs et une alimentation saine pour tous
- Mettre en place des prix planchers rémunérateurs pour les agriculteurs, en luttant contre la spéculation et les pratiques déloyales.
- Faire des cantines scolaires le levier d’une alimentation 100 % locale, bio et végétarienne, via un Plan National pour l’Alimentation Solidaire.
- Taxer les produits ultra-transformés pour financer la transition vers une alimentation durable et accessible.
3. Refuser les méga-bassines et organiser une gestion démocratique de l’eau
- Privilégier des solutions locales (rétention naturelle d’eau, réutilisation des eaux usées traitées) plutôt que les méga-bassines, qui accaparent l’eau au profit de l’agro-industrie.
- Transformer les comités de bassin en « Parlements de l’eau », associant citoyens, agriculteurs et scientifiques.
- Instaurer une tarification sociale de l’eau pour protéger les ménages modestes.
Agissons ensemble ! La France doit devenir le moteur d’un nouveau modèle agricole, fondé sur la justice sociale, la souveraineté alimentaire et le respect du vivant.
Partagez ce message pour dire NON à la loi Duplomb et OUI à une agriculture sans pesticides !

Loi Duplomb 2 : comment empoisonner nos corps, la terre, et les comptes publics.