Le débat sur l’immigration est dans une impasse.
Une impasse fabriquée, entretenue, et profitable à ceux qui ont renoncé à gouverner.
D’un côté, l’extrême droite déverse ses mensonges au service d’un agenda politique xénophobe. Elle agite le spectre d’une invasion, d’un remplacement, d’une submersion. Elle déforme les chiffres, instrumentalise les faits divers, alimente les peurs.
De l’autre, le gouvernement, plutôt que de dire la vérité aux Français, surenchérit. Il emprunte le vocabulaire de l’extrême droite, vote des lois qui ne règlent rien, et entretient délibérément un système opaque qui fabrique de l’irrégularité, nourrit l’insécurité juridique, et alimente en retour les peurs qu’il prétend combattre.
C’est de l’hypocrisie à l’état pur.
Place publique refuse cette impasse et propose de partir des faits pour ancrer le sujet des migrations dans un projet juste et utile pour les Françaises et les Français.
La réalité mérite d’être dite.
Qui arrive en France ? D’abord des étudiants.
Le premier motif de délivrance de titres de séjour, ce sont les échanges universitaires : 118 000 titres par an, une mobilité internationale qui ne cesse de progresser depuis vingt ans.
La France a fait le choix d’accueillir des jeunes qui viennent se former dans nos universités et nos grandes écoles, dont près de 30 % choisissent ensuite de rester, de travailler, de cotiser, d’entreprendre en France.
Ingénieurs, médecins, salariés… : ils font tourner des pans entiers de notre économie et de nos services publics, contribuent au budget de l’État, au rayonnement de notre langue, et créent des ponts durables entre la France et leurs pays d’origine.
Derrière eux viennent les motifs familiaux et humanitaires.
La France a besoin de cette immigration, non par idéalisme, mais par réalisme.
Des secteurs entiers, du bâtiment à la santé en passant par l’agriculture, tiennent grâce à des travailleurs immigrés.
Notre conviction : intégration et contrôle vont de pair.
Nous refusons les surenchères sécuritaires aux slogans simplistes.
Contrôler l’immigration, oui.
Cela suppose des règles claires, des procédures lisibles, et des décisions appliquées, y compris les obligations de quitter le territoire, lorsqu’elles sont justifiées.
Mais un système comme le nôtre aujourd’hui, qui laisse des centaines de milliers de personnes dans un vide juridique pendant des années ne contrôle rien : il fabrique de la précarité, du travail non déclaré et de l’exploitation.
Et il offre à l’extrême droite un carburant inépuisable.
Par l’intégration, c’est l’inverse que nous proposons.
C’est permettre à ceux qui vivent et travaillent déjà en France d’accéder au droit commun : sécuriser les parcours, augmenter les cotisations sociales, élargir l’assiette fiscale, répondre aux besoins réels de main-d’œuvre.
Intégrer, c’est aussi tracer des conditions d’accès claires à la nationalité, renforcer les cours de français, garantir un parcours civique ancré dans nos valeurs républicaines, et assurer un accès effectif au logement et aux services publics. Nous n’opposons pas contrôle et contribution.
Nous disons qu’on ne peut pas avoir l’un sans l’autre, et que c’est précisément ce que l’immense majorité de la classe politique ne veut entendre aujourd’hui.
C’est pour cela que Place publique propose notamment de :
- Créer des voies légales et sécurisées d’immigration de travail et passer des accords bilatéraux avec les pays d’origine, liant la délivrance de visas multi-entrées pour des mobilités circulaires et la réadmission via des laissez-passer consulaires en cas de refus de séjour ou d’asile.
- Mettre fin au système de la politique du chiffre sur les OQTF, et appliquer celles délivrées.
- Mettre en place des guichets uniques pour les primo-arrivants afin de centraliser en un même lieu l’accueil, l’information et l’accès aux droits : séjour, emploi, santé, éducation, formation.
- Faciliter les démarches de régularisation des travailleurs sans papiers, programmer des cours de français universels suffisants pour atteindre le niveau A2, ouvrir le droit au travail dès l’enregistrement de la demande d’asile.
Il est temps de sortir des postures. Il est temps de dire la vérité.
18 février 2026 | Place Publique
