Cela fait maintenant 34 jours que le conflit dure en Iran. Le 9 mars, Donald Trump déclarait que la guerre contre l’Iran « va se terminer bientôt, elle est quasiment finie ». Le 1er avril, il a annoncé qu’il envisageait une fin des hostilités « d’ici deux ou trois semaines ».
La réalité est celle-ci : pas plus Donald Trump que Marco Rubio ou Benjamin Netanyahu n’ont la moindre idée de la date de fin d’un conflit déclenché de manière unilatérale. Et pour cause, ils n’ont aucune stratégie militaire ou diplomatique. Ils ne maîtrisent donc ni l’issue, ni le déroulement des opérations, ni les conséquences économiques, sociales et géopolitiques.
Cet entêtement des Etats-Unis à suivre aveuglément Israël, qui en profite pour développer son emprise territoriale sur le Liban, ne peut conduire qu’à deux issues dramatiques.
Si les Etats-Unis décident de se retirer hâtivement pour limiter la casse, ils laisseront place au régime liberticide des mollahs. Pire, ils auront ainsi renforcé sa légitimité et son emprise sur sa population.
A l’inverse, si Donald Trump et Netanyahu s’acharnent à faire durer les combats, cela conduira à un enlisement du conflit, une destruction totale du pays et d’innombrables victimes civiles.
Il est indéniable que le régime des Pasdaran est responsable de meurtres de masse de sa population, de brimer toutes les libertés et d’imposer un régime de la terreur. Elle doit donc être fermement condamnée et combattue.
Mais là n’est pas la justification de l’intervention américaine. Comme au Vénézuela, Trump fait peu de cas de la démocratie, des libertés et du sort des populations. Il recherche son seul gain financier et de puissance en mettant à genou les régimes qui ne servent pas ses intérêts, et en négociant des “deals” sur les matières premières. En témoignent ses nombreux appels à négocier avec le régime.
Cette guerre improvisée n’a eu pour effet que de terroriser les populations civiles (1600 civils sont déjà morts), et de nuire à l’économie mondiale. Nous subissons de plein fouet la hausse du prix du pétrole avec de lourdes conséquences sur les entreprises et le pouvoir d’achat des ménages.
Cette guerre sert aussi les intérêts de Vladimir Poutine et nuit à l’Ukraine. Le dictateur russe se frotte les mains du retournement de veste des Etats-Unis l’autorisant à ré-exporter du pétrole, et du détournement de l’attention et des moyens militaires de la communauté internationale.
Ce conflit dramatique a uniquement le mérite d’avoir réveillé l’Union européenne, dont les membres ont, dans la continuité de l’opposition aux menaces américaines sur le Groënland, refusé de suivre les Etats-Unis et Israël dans une guerre qu’ils n’ont pas déclenchée.
Cependant, l’UE ne parvient toujours pas à influer la politique trumpiste et à freiner les ardeurs impérialistes de Donald Trump.
Place publique appelle l’UE à peser davantage dans les négociations et à s’opposer fermement à cette politique sans issue :
- en résistant et en s’érigeant en rempart du droit international, malgré les invectives de Trump et les menaces d’Israël à l’encontre des pays qui lui résistent – l’Espagne de Pedro Sanchez a montré la voie en s’opposant frontalement aux Etats-Unis et en refusant tout accès à ses bases militaires ;
- en assurant son autonomie énergétique pour ne plus faire dépendre ses économies de pays dotés de matières premières, pour se libérer des énergies fossiles ;
- en renforçant sa défense commune pour assurer son autonomie stratégique face aux menaces de Trump de quitter l’OTAN.

