La spirale mortifère de la guerre déclenchée par les présidents Trump et Netanyahou le 28 février dernier en Iran et l’escalade militaire dans la région, incluant des attaques contre des installations énergétiques, nous rappellent une vérité simple. Tant que nos économies dépendent du pétrole et du gaz, chaque crise géopolitique se transforme en choc sur les prix et sur le pouvoir d’achat.

Le pétrole dépasse 110 dollars le baril, le gaz 60 €/MWh. En France, les prix à la pompe ont franchi les 2 € le litre et le fioul domestique est lui aussi à la hausse.
Nous vivons un nouveau choc pétrolier, comparable à ceux de 1973, 1979 ou 2022.

Pour les 38 millions de Français qui roulent avec un véhicule thermique et les 3 millions qui se chauffent au fioul, ces prix sont douloureux. Une auxiliaire de vie en ruralité parcourt souvent 100 km par jour pour pouvoir travailler et chaque centime de plus à la pompe pèse sur son pouvoir d’achat.

Nous devons dire la vérité : ce choc s’inscrit dans la durée. 
Personne ne sait combien de temps les missiles américains et les drones iraniens continueront d’alimenter la flambée. Nous devons nous préparer à vivre, pendant des mois, avec des prix élevés du pétrole et du gaz.

Amorçons un virage plus serré vers la révolution énergétique et l’électrification.

L’écologie est le socle de notre souveraineté, de notre santé et de notre pouvoir d’achat. 
Les Français qui ont déjà adopté la voiture électrique ou remplacé leur chaudière fioul par une solution renouvelable sont aujourd’hui protégés. Les politiques ayant freiné le développement du véhicule électrique ou des renouvelables ont condamné les Français à dépendre d’énergies fossiles  soumises aux crises mondiales.

Face à la flambée des prix de l’énergie, il ne faut pas céder aux fausses solutions. 

Se soumettre à Vladimir Poutine pour réobtenir son gaz, comme le propose Jean-Luc Mélenchon, c’est condamner la France à revivre le choc de 2022. Baisser la TVA sur les carburants, comme le propose Jordan Bardella, coûte cher à la collectivité et profite indistinctement aux riches, tout en subventionnant notre dépendance au pétrole et en privant l’État des moyens d’aider ceux qui en ont vraiment besoin. De même, puiser excessivement dans les stocks stratégiques serait périlleux face à une crise dont nul ne connaît la durée.

Chaque euro doit servir à accélérer la transition énergétique et à protéger ceux qui subissent le plus le choc, pas à entretenir un modèle qui nous rend plus vulnérables. Mieux vaut des mesures ciblées, temporaires et justes, que des gestes, apparemment spectaculaires, mais qui affaiblissent notre capacité à agir demain.

Pour cela, Place publique propose de protéger ceux qui subissent le choc :

  • Déployer 200 000 voitures électriques via le leasing social à court terme, et en réserver 100 000 pour les auxiliaires de vie.
  • Renforcer le chèque énergie pour les ménages modestes.
  • Accélérer la sortie du fioul et des énergies fossiles. Augmentons les aides pour permettre à chaque famille de passer aux énergies renouvelables avant l’hiver prochain et misons sur l’électrification, l’efficacité énergétique et une production électrique bas-carbone abondante.
  • Accompagner temporairement les secteurs industriels exposés, avec des avances de trésorerie conditionnées à des plans d’électrification.
  • Tenir, enfin, la promesse de planification écologique. Seule une programmation des investissements dans la durée libérera notre nation des énergies fossiles.

Notre ligne doit être claire : protéger sans subventionner l’inaction, soulager sans retarder la transition, et faire de chaque crise la preuve qu’une politique énergétique souveraine est aussi une politique sociale.

23 mars 2026 | Place Publique