La mort de Quentin Deranque est un drame.
Elle survient après une rixe opposant à Lyon des groupuscules radicalisés d’extrême gauche et d’extrême droite engagés depuis plusieurs années dans des affrontements militants locaux.
La manifestation organisée à Lyon n’a pas seulement constitué un hommage : elle a révélé un phénomène plus profond et largement passé sous silence.
Pour la première fois depuis longtemps, différentes chapelles de l’extrême droite, identitaires, nationalistes et nationalistes-révolutionnaires, se sont retrouvées réunies dans un même espace politique. Historiquement divisées, ces mouvances apparaissent désormais engagées dans une dynamique de rapprochement visant à dépasser leurs fractures internes.
Le drame lié à Quentin Derante a fonctionné comme un opérateur de convergence.
La présence conjointe de figures issues du Bloc identitaire, du GUD, de groupes dissous, de collectifs identitaires contemporains et de relais proches du Rassemblement national montre une volonté de recomposition et d’unification des réseaux.
Les discours tenus et les saluts nazis effectués lors la manifestation confirment cette orientation.
Des références explicites au « grand remplacement », des propos racialistes et des insultes à caractère raciste ou antisémite ont été publiquement assumés.
Ils rappellent que, malgré les stratégies de normalisation et de respectabilisation engagées ces dernières années, le socle idéologique de l’extrême droite demeure profondément xénophobe.
Un assistant parlementaire d’une députée RN était présent lors de cette manifestation.
Les liens entre les sphères nationalistes et identitaires existent toujours avec l’écosystème RN.
Ce qui apparaît alors n’est plus seulement une récupération ponctuelle d’un drame humain, mais l’utilisation d’un événement tragique comme catalyseur politique : produire un récit émotionnel, fédérer des mouvances longtemps concurrentes, reconstruire une unité idéologique, et profiter de l’accession du RN au pouvoir pour exister en pleine lumière.
Nommer cette dynamique ne minimise pas une mort.
Cela permet de comprendre qu’au-delà de l’émotion légitime, se joue aujourd’hui une recomposition silencieuse mais majeure de l’extrême droite française.
La réponse à la violence doit être la fermeté républicaine, l’exigence éthique et la clarté politique.
La réponse doit être l’unité de notre nation.
Nous allons mener une bataille démocratique immense dans les semaines et les mois qui viennent.
Notre attachement à l’État de droit, à la dignité humaine, à la liberté d’expression et au pluralisme politique constitue notre patrimoine et notre trésor.
C’est ce socle de principes républicains élémentaires que nous allons devoir toutes et tous défendre, sans haine et sans faiblesse.
26 février 2026 | Place Publique
