Le Festival d'Avignon bat son plein et rassemble, cette année encore, des milliers d'artistes, de professionnels et de spectateurs autour de ce que la création artistique produit de plus vivant.
Mais derrière cette vitalité, l’inquiétude gronde. Après des années de tensions budgétaires, de nouvelles coupes annoncées par le gouvernement viennent fragiliser un secteur déjà au bord du gouffre.
Les organisations professionnelles l'ont dit ces derniers jours, sans détour : artistes, compagnies, festivals, lieux de création, éducation artistique et culturelle - c'est tout un modèle qui est en danger.
Le paradoxe est brutal, car jamais les Françaises et les Français n'ont jamais autant fréquenté les festivals, les théâtres, les salles de concert ou les lieux d'exposition.
La culture rassemble, les œuvres trouvent leur public. Et pourtant, celles et ceux qui créent, produisent, diffusent voient leurs conditions se dégrader un peu plus chaque année. La culture ne peut pas être la variable d’ajustement budgétaire.
Pour Place publique, la réponse à cette crise structurelle, n’est pas seulement budgétaire. Elle est aussi politique.
La France doit retrouver une ambition culturelle.
La culture, c’est notre démocratie. Elle nourrit l'esprit critique, permet l'émancipation, fait dialoguer les différences, construit un imaginaire commun. Au moment où les logiques de concentration médiatique s'accélèrent, où l'intelligence artificielle bouleverse les conditions de la création et où la liberté artistique est remise en cause, investir dans la culture relève d’un choix politique, de société.
Place publique appelle à ouvrir un nouveau pacte pour la culture :
- Des financements lisibles et stables.
- Une protection réelle des artistes et des auteurs.
- Une reconnaissance pleine et entière des collectivités territoriales, aujourd'hui premiers financeurs publics de la culture.
- Et l'accès aux œuvres comme priorité, partout, sur tous les territoires.
Jeudi 16 juillet, Raphaël Glucksmann est allé à la rencontre des équipes du Festival, des artistes, des organisations professionnelles, des responsables de lieux.
Ces échanges nourriront les propositions que Place publique présentera dans les prochains mois pour refonder une politique culturelle à la hauteur des défis démocratiques, sociaux et technologiques de notre temps.
Mais d'ores et déjà, nous prenons deux engagements clairs :
Nous mettrons fin aux coupes sauvages.
Nous tiendrons l'objectif du 1 % du budget de l’Etat pour la culture.
La France s'est construite sur une ambition culturelle qui a fait sa singularité et sa force. Il est temps de la retrouver. Avec celles et ceux qui la font vivre. Et avec les moyens de cette ambition. Pas de démocratie vivante sans culture vibrante !