Une fermeture d’usine est toujours un drame pour un territoire. Les salariés perdent leur travail, et les sous-traitants, les transporteurs, les petites entreprises locales qui vivaient de cette activité voient leur carnet de commandes se vider. La consommation chute, les commerces locaux sont fragilisés. Cette fracture entraîne avec elle tout le territoire. Moins de richesses, moins d’habitants, moins de moyens, moins d’écoles, moins de médecins... Et dans ce vide prospèrent le ressentiment et la défiance. La désindustrialisation a sapé notre contrat social, ruiné de nombreux territoires et miné notre souveraineté.
Mais elle n’est pas une fatalité. Si depuis qu'Emmanuel Macron exerce le pouvoir en 2017 la France continue à se désindustrialiser, l'Espagne, gouvernée par la gauche de Pedro Sanchez depuis 2018, a quant à elle entamé sa réindustrialisation.
Plus que les décisions individuelles d’entreprises, c’est toute la politique économique d’Emmanuel Macron qui est en cause. Une politique qui a choisi de subventionner sans condition, d’ouvrir sans protection, de déréguler sans stratégie. Une politique qui consiste à financer notre propre effacement et qui permet à ceux qui pratiquent un dumping social, fiscal ou environnemental d’en tirer les plus grands profits. Ceci n’est plus possible.
Pour garantir sa souveraineté, notre réindustrialisation sera écologique et sociale.
En plaçant la transition écologique au cœur de la stratégie industrielle française, nous créerons les conditions matérielles d’une souveraineté heureuse. Décarbonation, économie circulaire, innovation frugale, recyclage, réparabilité. C’est ici que se construisent les nouvelles filières d’excellence, celles qui permettront de produire en France les équipements dont le monde a besoin pour lutter contre le dérèglement climatique.
Cela implique de bâtir une véritable industrie de la sobriété. Repenser nos modes de production et de consommation, faire émerger des filières de la réparation, du réemploi, du recyclage. Former des milliers de techniciens. Investir dans des produits durables, accessibles, conçus pour durer. Non seulement pour préserver nos ressources, mais pour ancrer des emplois sur nos territoires, en y associant les Régions pour leur donner les moyens d’entrer au capital de leurs entreprises clés.
Construire une industrie durable, c’est investir pour gagner en qualité, en autonomie et en liberté.
Face à un système économique qui dépasse depuis bien trop longtemps les limites planétaires, les grands chantiers de la décarbonation, de l’économie circulaire ou de la révolution énergétique permettent de répondre à trois objectifs à la fois : créer des emplois de qualité et non délocalisables, constituer de nouvelles filières d’excellence, et associer la croissance économique à la lutte contre le dérèglement climatique.
Chaque usine qui ferme, chaque ouvrier au chômage nous rappellent que nous ne pourrons pas être une grande puissance sans être un pays qui choisit de produire, d’innover, de protéger ce qui doit l’être, et de préparer l’avenir au lieu de subir le présent.
Chez Place Publique, nous souhaitons :
- Mettre fin au dogme de la concurrence libre et non faussée, pour favoriser l’émergence de champions européens dans les secteurs stratégiques.
Renforcer notre défense commerciale, en activant des clauses de protection quand un secteur est menacé et en sanctionnant le dumping.
Donner aux territoires du pouvoir sur l’avenir de nos usines, en permettant aux régions d’entrer au capital des entreprises clés.
Faire de la France le leader mondial de l’économie circulaire. Lancer un grand plan d’investissement pluriannuel dans toutes les énergies renouvelables.
Conforter le rôle du nucléaire, énergie pilotable et décarbonée.
Faire baisser les prix de l’électricité et fixer une partie de la facture des ménages, entreprises, industriels et collectivités sur le coût de production de notre électricité nucléaire et renouvelable.