Réaction de Raphaël Glucksmann suite à l'adoption de la loi d'urgence agricole

Réaction de Raphaël Glucksmann suite à l'adoption de la loi d'urgence agricole

Raphaël Glucksmann
Raphaël Glucksmann
Co-Président
21 juil. 2026

Cette nuit, l'Assemblée Nationale a adopté la loi d'urgence agricole. Elle ne règle rien aux problèmes majeurs des revenus des paysans, de la concurrence déloyale qu’ils subissent ou du partage de l’eau, mais elle sacrifie l’écologie et la santé. C’est une impasse.

En février, le gouvernement jurait que l'acétamipride ne figurerait pas dans ce texte. Il y figure. 

Sébastien Lecornu a choisi de se défausser et de se dédire. Durant le vote, une partie de son propre groupe parlementaire a pointé l’irresponsabilité du gouvernement.

L'acétamipride et le flupyradifurone ont été interdits en France parce qu’ils tuent les pollinisateurs, s'accumulent dans les sols et l'eau, et présentent des risques pour la santé humaine. Mais la protection du vivant et de la santé ne sont pas des urgences apparemment.

Plutôt que de s’attaquer au partage injuste de la PAC et de la valeur, à la concurrence déloyale, la droite et l’extrême-droite s’en prennent comme toujours aux normes environnementales. Elles préfèrent offrir des pesticides qu’un revenu décent à nos agriculteurs.

Sur l’eau, la même irresponsabilité a prévalu. Rien qui pose les bases d’un partage équitable et concerté. Rien qui prenne la mesure de la crise en cours et à venir.

Nous prenons l’urgence agricole et l’urgence écologique au sérieux. Les deux sont indissociables. Et cette loi ne répond à aucune des deux.

Reforme de la PAC, revenus décents, partage juste de l’eau comme de la valeur, protection face à la concurrence déloyale: nous ferons de la transition écologique un grand projet pour l’agriculture française. Loin de ces reculs si délétères pour l’environnement et les paysans.