C’est le retour d’un sujet hautement inflammable : le gouvernement veut doubler le plafond des franchises médicales, de 100 à 200 euros, et transférer une partie des remboursements vers les complémentaires santé. Alors que le projet avait été abandonné par le gouvernement, en dernière minute, à l’automne 2025, lors des débats budgétaires, son retour inquiète. Car son objectif est clair : faire payer les malades pour combler le déficit de la Sécu.
Une double peine
Profondément injuste, cette mesure impactera directement les malades chroniques, les personnes âgées, et les plus fragiles.Car, d’une part, ils paieront davantage pour leurs soins, en raison de l’augmentation des franchises et des participations forfaitaires. D’autre part, le transfert de nouveaux remboursements vers les complémentaires santé risque d’entraîner une hausse des cotisations pour l’ensemble des assurés. Et les conséquences reposeront bien plus lourdement sur les plus modestes et ceux qui ont le plus besoin de soins, puisque le prix d'une mutuelle grimpe avec l'âge, pas avec le salaire.
Une fausse bonne idée économique
Présenter ces mesures comme une incitation à la « responsabilité » est à la fois indigne et inefficace sur les plans sanitaire et économique. Qui peut sérieusement croire qu’un patient diabétique choisit le nombre de boîtes de médicaments dont il a besoin ? Et c'est inefficace : quand se soigner coûte cher, on repousse les soins, la maladie s'aggrave, et la facture explose plus tard, en hospitalisations et en traitements lourds. Alors que le gouvernement pense réduire la dépense, il ne fait en réalité que la reporter et l'alourdir. Les calculs ne sont pas bons.
Un passage en force
Le calcul est cynique et le gouvernement sait ce qu’il fait en annonçant ces mesures en plein été, par voie réglementaire, pour miser sur l'inertie générale. Place publique s'oppose avec force à ce type de mesures injustes et inefficaces.Nous ne nions ni le déficit ni la nécessité d'agir. Mais la solution n'est pas de faire payer les malades pour couvrir dix ans d'immobilisme. Place publique défend des solutions pérennes et justes : mieux organiser les soins, libérer du temps médical, lutter contre les dépenses inutiles, investir beaucoup plus dans la prévention et réduire les coûts liés à la complexité de notre système, notamment dans les relations entre l’Assurance maladie et les complémentaires santé.Notre système de santé est notre richesse, notre patrimoine. On ne le saborde pas discrètement sur le dos de ceux qui en ont le plus besoin.
Place publique appelle à ouvrir enfin un débat démocratique sur l’avenir de notre système de santé !