À l'heure où s'ouvrent, à Cherbourg-en-Cotentin, les Assises de la pêche et des produits de la mer, Place Publique souhaite rappeler que la pêche est un pilier essentiel de notre souveraineté alimentaire, de notre économie maritime, de l'identité de nos territoires littoraux et de notre rapport à l'océan.
Les femmes et les hommes qui vivent de la pêche sont confrontés à une accumulation de difficultés : vieillissement des flottes, explosion des coûts de production, concurrence internationale, dégradation des ressources, multiplication des conflits d'usage en mer et sentiment trop fréquent d'être écartés des décisions qui les concernent directement.
Alors même que la France dispose du deuxième espace maritime mondial, près de deux produits de la mer consommés sur trois dans notre pays sont aujourd'hui importés. Cette dépendance croissante nous expose aux fluctuations des marchés mondiaux, à des pratiques sociales et environnementales que nous ne maîtrisons pas et à un affaiblissement progressif de nos filières de production.
Face à ces défis, ne tombons pas dans les caricatures.
Nous sommes convaincus que des océans en bon état biologique sont les garants de notre souveraineté alimentaire. La protection durable des océans ne pourra se réaliser efficacement que si elle s’appuie sur celles et ceux qui vivent de la mer.
Il s’agit aujourd’hui de faire un choix de société. Face aux enjeux d’avenir, il faut une ambition claire : maritime, écologique, alimentaire et souveraine.Pour cela, la France doit bâtir une véritable stratégie de souveraineté halio-alimentaire articulée autour de cinq priorités, pour une pêche durable :
- Garantir un revenu digne aux marins-pêcheurs, aquaculteurs et à l'ensemble de la filière en répartissant mieux la valeur créée par la mer.
- Protéger la ressource et les écosystèmes marins en s'appuyant sur la science et la co-construction avec les professionnels, pas contre eux.
- Moderniser et décarboner les flottes pour améliorer la sécurité, les conditions de travail, la performance énergétique et l'attractivité des métiers.
- Valoriser les produits de la mer français : circuits courts, labels de proximité, présence renforcée du poisson dans la restauration collective.
- Démocratiser la gouvernance maritime pour que pêcheurs, scientifiques, citoyens, élus et associations construisent ensemble l'avenir de nos façades maritimes.
Il nous paraît aussi essentiel d'envisager une interdiction de la bande côtière aux méga-chalutiers, dont l'activité entraîne une destruction massive de la ressource halieutique.
Dans ce cadre, nous défendons une mesure simple : le bénéfice des ressources côtières doit prioritairement aller aux territoires qui vivent de la mer.
Cette ambition, nous la porterons haut et fort à Place Publique !