Affaire Lyhanna : face aux défaillances, la protection des mineurs doit devenir une exigence absolue.
Jeudi, le corps d’un enfant « porteur de vêtements similaires » à ceux de la fillette de 11 ans, Lyhanna, disparue depuis sept jours, a été retrouvé.
Place publique accueille cette nouvelle avec une immense tristesse et une profonde émotion. Nos pensées vont d’abord à la famille de Lyhanna, à ses proches, à ses camarades et à toutes celles et ceux que ce drame bouleverse. Dans un moment aussi douloureux, la première exigence est celle du respect, du recueillement et de la dignité.
Des défaillances systémiques
Ce drame ne peut pas être relégué au rang des faits divers que l’on commente quelques jours, avant de passer à autre chose. Lorsqu’un enfant disparaît, puis qu’un corps est retrouvé dans de telles circonstances, c’est toute la société qui est mise en cause.
Car derrière l’horreur, il y a une question politique et morale simple : avons-nous réellement construit un système capable de protéger les enfants quand des signaux existent, quand des alertes remontent, quand des soupçons graves sont connus ? Il existait pourtant une circulaire pénale du Ministère de la Justice priorisant les enfants victimes. Celle-ci n'aurait pas été appliquée par la procureure de la République d’Auch.
Les travaux de la commission d’enquête de l’Assemblée Nationale sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses parentales avaient précisément mis en lumière des défaillances systémiques dans la manière dont les enfants peuvent être entendus, protégés et défendus.
Aujourd’hui, il ne suffira pas de promettre que toute la lumière sera faite. Le système doit être revu de fond en comble afin qu’aucun enfant ne soit laissé de côté par la République.
Faire de la protection des mineurs une priorité
Il faut des actes : une meilleure coordination entre l’école, les services sociaux, les forces de l’ordre et la justice, des moyens supplémentaires, une culture du signalement réellement suivie d’effets, et une exigence absolue de protection des mineurs. A Place publique, nous refusons de parler de fatalité.
Ce qui est en jeu, ce n’est pas seulement l’issue d’une enquête, c’est notre capacité collective à ne plus laisser des enfants seuls face au danger.
La vérité devra être établie jusqu’au bout, les responsabilités devront être assumées, et nous devrons tirer de cette affaire toutes les conséquences nécessaires. Plus qu’une intention affichée, protéger les enfants doit être une obligation tenue.