Recherche en péril : le déclin scientifique n’est pas une fatalité, c’est un choix politique.
Recherche en péril : le déclin scientifique n’est pas une fatalité, c’est un choix politique.
De grands organismes comme le CNRS au bord du gouffre, des baisses de subventions drastiques et des conditions de travail dégradées… La recherche publique française souffre en silence. Avec elle, c’est notre avenir qui s’assombrit.
Place publique dénonce une situation devenue intenable et soutient l’appel des scientifiques
Recherche-Publique-2027. Nous devons réinvestir dans la recherche pour construire notre prospérité de demain et protéger notre souveraineté.
Dédaigner la rechercher, c’est faire le choix du déclin technologique et abdiquer. De l’Académie des Sciences aux syndicats, en passant par l’assemblée des directions de laboratoires, le Collège des sociétés savantes académiques de France et Antoine Petit lui-même, PDG sortant du CNRS pourtant nommé par le Président, tous les acteurs tirent la sonnette d'alarme contre ces choix politiques suicidaires.
Une situation critique et sans précédent
Alors qu’Emmanuel Macron vante la souveraineté et l’innovation, son gouvernement affaiblit les principaux acteurs de la recherche française.
Le budget du CNRS a reculé de 11 % en euros constants en cinq ans. Les universités, déjà en difficulté financière, subissent de nouvelles coupes qui freinent leurs ambitions. Le CNES doit, lui aussi, réduire de 20 % son budget mobilisable, avec de fortes menaces sur des missions cruciales pour l’observation de la Terre et le suivi des variables climatiques, et laisser ainsi filer le leadership français sur l’Europe spatiale.
Alors que les grandes puissances scientifiques font le choix d’investir massivement pour renforcer leur compétitivité et leur souveraineté, la France suit la trajectoire inverse.
Entre 1996 et 2023, l’Allemagne a augmenté ses dépenses de recherche et développement de 50 % et le Royaume-Uni les a presque doublées. Dans le même temps, la France a réduit son effort de 2 % (source OCDE). Notre pays figure tristement, aux côtés de la Russie, de la Moldavie et de la Roumanie, parmi les très rares pays d’Europe continentale à avoir désinvesti dans les moyens qui conditionnent leur avenir scientifique et technologique.
La souveraineté ne se décrète pas, elle se construit et se finance
Nos chercheurs, ingénieurs et techniciens sont parmi les meilleurs au monde. Nous devons leur donner les moyens de développer leurs recherches et de ne plus fuir nos laboratoires. C’est en soutenant leur créativité que nous reconstruirons notre économie industrielle et que nous briserons la laisse technologique qui nous lie aux États-Unis et à la Chine. Face aux crises de notre siècle, la connaissance scientifique doit redevenir notre seule boussole pour orienter nos choix de société et éclairer nos décisions.
Place publique exige des actes concrets pour 2027 : maintenir le budget du CNRS et des autres grands organismes de recherche à son niveau actuel, annuler les coupes prévues pour le CNES, et flécher un budget supplémentaire vers les laboratoires publics. L’inventivité française mérite des moyens maintenant, pas des promesses lointaines.
Nous défendons une vision de long terme
pour la recherche et l’innovation en France avec plusieurs propositions :
1. Rattraper en cinq ans notre retard sur nos voisins européens dans le progrès scientifique et sanctuariser les budgets dédiés à la recherche et à l’innovation, conformément aux engagements européens pris il y a 25 ans.
2. Remettre la science au cœur de la société, depuis l'école jusqu’aux centres de décision politique.
3. Reconstruire une culture commune entre chercheurs, ingénieurs et entrepreneurs pour stimuler l’innovation et développer la recherche appliquée publique et privée.