La vague de chaleur que nous subissons à l’heure actuelle est la plus précoce jamais enregistrée en France. Onze départements se trouvaient au-dessus des 37°C le jeudi 27 mai, et plus de 700 records de chaleur ont été battus à travers la France, de l’Occitanie à la Normandie.
Cette canicule particulièrement précoce nous oblige à regarder la réalité en face. Elle est une nouvelle manifestation d'un dérèglement climatique, provoqué par l’activité humaine, qui transforme déjà profondément notre quotidien.
Les épisodes de chaleur extrême vont devenir plus fréquents, plus longs et plus intenses dans les années à venir, et provoqueront encore des centaines, voire des milliers de décès. « Tueur silencieux », la chaleur cause bien plus de morts que les inondations, tout en restant largement sous-estimée du grand public. La question est de savoir si nous choisirons de la subir ou de l’anticiper.
L’adaptation au changement climatique : une priorité nationale
Le changement climatique affecte désormais tous les piliers de notre société : santé publique, justice sociale, organisation du travail, aménagement du territoire, souveraineté alimentaire et cohésion nationale. Parce que nous ne sommes pas égaux face à la canicule, l’adaptation doit devenir une priorité nationale. Aujourd’hui, trop de travailleurs, dans le bâtiment, l’agriculture, la logistique, l’entretien, continuent leur activité dans des conditions éprouvantes.
Nos enfants apprennent dans des écoles inadaptées aux températures extrêmes et nos quartiers populaires, bétonnés et étouffants, se transforment en îlots de chaleur. Et les personnes âgées ou fragiles paient le prix lourd. Comme toujours, les plus exposés sont ceux qui ont le moins de moyens pour se protéger. Investir dès aujourd’hui pour le climat de demain. Face à cette nouvelle réalité climatique, Place Publique défend une révolution écologique populaire, fondée sur la protection, la justice et l'anticipation.
Il nous faut adapter nos écoles avec un grand plan national qui intègre rénovation énergétique et cours végétalisées. Nous devons protéger immédiatement les travailleurs exposés en adaptant les conditions de travail lors des épisodes de chaleur, dans le secteur public comme dans le privé.
En concertation avec les collectivités locales, il faudra transformer nos villes avec un vaste programme de végétalisation et de création d'îlots de fraîcheur afin de lutter contre les effets des canicules qui sont plus prégnants encore dans les zones urbaines. Préserver et partager l’eau est crucial, et nous devons mener une politique fondée sur la planification, la sobriété et la protection des écosystèmes.
Enfin, nous devons mettre en place un accompagnement renforcé des agriculteurs afin de rendre notre système alimentaire plus résilient. Il en va de notre souveraineté alimentaire et de la santé de nos concitoyens. Désormais, chaque euro public doit être pensé pour le climat de demain. Logements, écoles, hôpitaux, transports, réseaux : la France ne peut plus construire comme si le climat de 2050 ressemblait à celui de 1980.
Mener de front deux urgences : combattre le réchauffement climatique et en affronter les effets. Il nous faut agir sur deux fronts. Chez Place publique, lutter contre le dérèglement climatique reste un pilier de notre engagement. Nous devons réduire nos émissions pour contenir la crise et préparer dès maintenant notre société à ses impacts déjà visibles.
La véritable écologie punitive, serait l’inaction en abandonnant les Français face aux catastrophes. Nous pouvons encore choisir la manière dont la France affrontera la nouvelle réalité climatique : dans l'improvisation ou dans l'anticipation, dans l’injustice ou dans la solidarité.
À Place publique, nous choisissons d’agir, de protéger et de préparer, dès maintenant.