Lundi 1er avril

Open Bar sur les dauphins !

Tragédie ! Encore un triste hiver pour le Golfe de Gascogne. Plus d’un millier de dauphins communs s’y sont échoués depuis le 1er janvier selon l’observatoire Pelagis. Aucun doute quant à la cause de cette surmortalité : sur 90 % d’entre eux, des traces d’engins de pêche.
L’ampleur de cette hécatombe est alarmante lorsqu’on sait que ce millier de cadavres représente les 20 % visibles, les 80 % restants coulant en mer sans s’échouer.

C’est aussi durant l’hiver, principalement en février et mars, que le bar se reproduit, en se regroupant par centaines de milliers dans des zones bien précises : les frayères. Ce comportement grégaire le rend particulièrement vulnérable à la pêche intensive européenne, exercée notamment par les navires usines industriels, les chalutiers pélagiques, les fileyeurs et les senneurs danois qui peuvent le capturer en très grande quantité.
À la même période et sur ces mêmes zones, des colonies de dauphins partent à la recherche de bancs de poissons pour s’alimenter et vont précisément dans le Golfe de Gascogne. Double peine !

On a connaissance du phénomène d’échouages hivernaux de dauphins depuis longtemps, mais son ampleur n’a cessé de croître ces dernières années.
Les représentants de la pêche professionnelle se défendent en avançant qu’ils ont pris des dispositions préventives comme la présence de scientifiques extérieurs en tant qu’observateurs garants de leurs pratiques, mais celle-ci se limite à seulement 20 % du temps passé en mer. La mise en place de répulsifs acoustiques (pingers) sur les chaluts, également. Or non seulement leur efficacité n’est pas encore avérée, mais leur éventuelle utilisation massive sur un grand nombre de navires du Golfe de Gascogne pourrait aussi éloigner les cétacés d’une zone importante où ils choisissent chaque année de se nourrir.

L’autre versant de ce problème hivernal concerne la menace qui pèse sur une partie de la petite pêche française. En Atlantique Nord-Est, la diminution de la population de bars est devenue telle que de nombreux petits pêcheurs à la ligne ont dû arrêter de pêcher ce poisson, notamment dans la Manche. Des mesures ont été prises et un plafond de capture a été fixé pour la France, mais elles sont insuffisantes.
Ces armements de pêche semi-industriels, qui capturent un grand volume de bars dans ces premiers mois de l’année, sont ainsi à la fois responsables d’une partie des échouages de dauphins et de la mise en péril de tous les petits pêcheurs dont l’équilibre économique dépend de ce poisson. L’année dernière déjà, des mesures d’urgence ont été prises et la pêche a été fermée le 26 décembre. De plus, débarquant de grandes quantités de ce poisson dans un temps réduit, ils font également baisser les cours du bar en criée.

Réagissons avec Place publique.
Il est urgent d’accompagner le secteur professionnel vers des techniques de pêche sélectives et ayant un faible impact pour le milieu marin. Ne soyons plus réticents à donner la priorité à la petite pêche !
Il est urgent de réorienter les aides publiques afin qu’elles visent uniquement à accompagner la pêche dans sa nécessaire transition écologique, économique et sociale. En France, de nombreux systèmes d’aides directes ou indirectes ont été mis en place depuis plusieurs décennies, confortant un modèle faiblement pourvoyeur d’emplois, néfaste pour l’environnement et très gourmand en énergie.
Il est urgent que la France et l’Union européenne défendent une politique des pêches plus sociale et plus durable. Agissons avant qu’il ne soit trop tard.
Nous ne voulons pas que les moyens de productions soient concentrés chez les grandes structures capitalisées qui vident les ports français et européens de ces petits bateaux.
Nous voulons que les communautés littorales puissent continuer à vivre grâce à ces emplois non délocalisables. Entre les mains de ces grandes structures capitalisées, la pêche est trop concentrée géographiquement et puise trop dans les ressources du vivant.

  • Luttons pour une pêche qui évite au maximum les captures accidentelles et les impacts sur les habitats marins !
  • Luttons pour une pêche qui maximise les emplois au regard d’une ressource limitée par nature !
  • Luttons pour favoriser et valoriser celles et ceux qui pratiquent une pêche plus éthique : pêcher moins mais pêcher mieux !

Rejoignez #Placepublique pour que ces idées soient enfin portées au Parlement européen.
Plus d’excuses !

Charles Braine, porteur de cause Pêche et Écologie à Place publique