samedi 24 novembre 2018

Nous toutes

Mains aux fesses dans le métro, sifflements dans la rue, interpellations agressives, insultes quand on répond, insultes quand on ne répond pas, harcèlement au travail... Pas une. Pas une autour de notre table n’avait échappé à une agression verbale ou physique en raison de son genre. Pas une à ne pas avoir été empêchée, humiliée, rabaissée parce que femme. Nous ne sommes pas une, non. Nous sommes des millions.

En France, comme partout dans le monde, les violences sexistes et sexuelles demeurent omniprésentes. Une femme est victime de viol ou de tentative de viol toutes les 9 minutes, 225 000 de violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex-conjoint par an, et une femme en meurt tous les 3 jours. Ces violences quotidiennes, parfois sournoises, qui se glissent dans le quotidien des femmes à la maison, dans la rue, au travail, sur internet, sont un frein à l’égalité femmes-hommes.

Un an après l’émergence du mouvement #metoo, force est de constater que les politiques publiques et les moyens alloués à la lutte contre les violences liées au genre restent insuffisantes et ne permettent pas d’endiguer ce fléau. Si le nombre de plaintes pour violences sexuelles a augmenté de 23,1% en 2018, les mécanismes de prise en charge des victimes, et en particulier la formation des professionnels, ne s’améliorent guère. Certains dispositifs d'aide sont contraints de fermer, laissant de nombreuses femmes livrées à elles-mêmes. Selon le rapport "Où est l'argent pour les droits des femmes ?" publié aujourd'hui, les besoins de financement s'élèvent aujourd'hui, a minima, à 500 millions d'euros par an, or le budget existant est six fois inférieur.

L’accompagnement des victimes repose majoritairement sur les associations, premières victimes des coupes budgétaires, bien que porteuses de projets remarquables et indispensables. Ces associations sauvent chaque jour des femmes victimes de violences en les écoutant, en les aidant dans leurs procédures juridiques et en leur offrant un chemin pour se reconstruire. Place publique entend agir pour que ces initiatives citoyennes soient davantage entendues, relayées et soutenues par les pouvoirs publics en France et en Europe.

Nous tenons à réaffirmer notre soutien à celles et ceux qui se battent au quotidien contre les violences sexuelles et sexistes, et marcherons à leurs côtés le 24 novembre.