Nous toutes

Mains aux fesses dans le métro, sifflements dans la rue, interpellations agressives, insultes quand on répond, insultes quand on ne répond pas, harcèlement au travail... Pas une. Pas une autour de notre table n’avait échappé à une agression verbale ou physique en raison de son genre. Pas une à ne pas avoir été empêchée, humiliée, rabaissée parce que femme. Nous ne somme pas une, non. Nous sommes des millions.

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Justice sociale : mettre fin à la course vers le bas

En organisant volontairement la dérégulation de l’économie et en refusant d’imposer un socle commun aux différents pays de l’Union, les institutions européennes ont laissé prospérer une concurrence sociale et fiscale entre les États membres. Cette compétition mortifère a entraîné une course vers le moins disant fiscal et in fine, social. Aujourd’hui, quatre pays de l’Union Européenne peuvent être considérés comme des paradis fiscaux et siphonnent les recettes fiscales de leurs voisins. Pour répondre à cette concurrence, les autres pays baissent leur pression fiscale. A ce rythme, il est à parier que bientôt l’ensemble de l’Europe sera un gigantesque paradis fiscal. Pourtant ces politiques fiscales anti-redistributives n’ont pas permis de créer de l’emploi, ni de redresser l’économie. A l’inverse, elles ont augmenté les inégalités sociales et creusé les déficits. Les conséquences de ces politiques sont bien visibles, présentes dans notre vie de tous les jours, à travers le manque de personnel dans les hôpitaux, les écoles ou les universités ; le manque de matériel dont se plaignent les pompiers, la police, le corps médical et l’éducation nationale ; ou la dégradation des infrastructures. Les besoins à satisfaire sont pourtant énormes. Il est urgent de rappeler l’efficacité de l’Etat social face aux chaos des politiques néo-libérales. Nous voulons inventer ce "modèle social européen" tant de fois invoqué, et jamais réalisé. Au moins-disant nous voulons opposer le mieux-disant, à la compétition, nous voulons substituer la coopération et la convergence. Cela ne sera pas possible sans une véritable démocratisation des institutions européennes.

Judith Aquien

Judith Aquien

Née en 1984, Judith Aquien est porteuse de cause pour l'hospitalité au sein de Place publique. Après une carrière dans l'édition puis dans le web, Judith Aquien a changé sa vie en profondeur après avoir passé plusieurs mois sur des campements de réfugiés, à Paris. Elle a ainsi cofondé l'école Thot et est aujourd'hui déléguée générale d'Action Emploi Réfugiés.

Sa cause : Les personnes arrivant en France depuis les voies de l'exil ne sont pas accueillies dans la dignité qui s'impose à notre humanité. Chaque individu est oublié pour entrer dans un vocabulaire déshumanisant ("les migrants"). Il s'agit de réhabiliter les valeurs essentielles d'humanisme, d'accueil et de fraternité, et permettre aux personnes d'être soignées de leurs blessures, traitées comme des personnes à part entière, et d'entrer au plus vite dans une autonomie sur tous les plans.

Son action : En 2015, Judith Aquien a cofondé Thot, l'école de français diplômante pour les exilés, lauréate de la fondation La France s’engage en 2016. C'est une des rares structures qui mette de “vrais” professeurs face aux personnes en exil, et qui les prépare au diplôme d'État de langue française, facilitant ainsi l'accès de ces dernières à la vie professionnelle et à l'autonomie sociale en général. Son engagement pour une société humaniste et fraternelle l’a conduite à rejoindre la direction générale d'Action Emploi Réfugiés en 2018, travaillant réellement à l’intégration des réfugiés à la vie économique et sociale française. En 2018, elle a été distinguée du titre de Chevalier des Arts et Lettres pour la création de Thot.

Thomas Porcher

Thomas Porcher

Né le 5 juillet 1977, Thomas Porcher est économiste.

Sa cause : Combattre ces soi-disant « vérités économiques » du discours dominant. « Notre modèle social est inefficace », « il faut baisser le nombre de fonctionnaires », « la gestion par le privé est plus efficace », « il faut privatiser pour rembourser la dette », « le libre-échange profite à tous » … Telles sont les affirmations ressassées en boucle depuis plus de trente ans à tel point qu’elles ne font plus l’objet du moindre débat.

Son action : Par l’écriture (comme Le mirage du gaz de schiste, 2013 ; TAFTA : l'accord du plus fort, 2014 ; ou Traité d'économie hérétique, 2018) et par sa participation à l’animation du débat public sur l’économie contemporaine, Thomas Porcher travaille à garantir une parole contradictoire face au discours dominant, et sensibiliser sur les alternatives crédibles possibles.