Europe : année zéro

20 ans que l’Europe traverse une crise existentielle. Nous devons en finir avec tant d’années qui l’ont amenée à perdre son sens: le déni démocratique, la concurrence économique, fiscale et sociale érigée en projet par défaut, l’impuissance collective, l’abandon d’une partie de la jeunesse dans la prison pour dette et le ressentiment, les traités de libre-échange qui nous exposent aux quatre vents de la mondialisation davantage qu'ils ne nous protègent. Nous devons endiguer la poussée des identitaires, en Hongrie, en Italie, en Pologne, en Slovénie, en France, car sinon tout sera emporté : la culture, la démocratie, l'héritage de nos conquêtes pour les droits et les libertés individuelles. Le défi pour notre génération est immense et nous avons le sentiment d’un tournant de l’Histoire. Nous appelons l’Europe au sursaut, nous voulons être ce sursaut. Il faut ouvrir des horizons, au-delà des masses nuageuses, très sombres, qui envahissent progressivement notre ciel européen. Rompre la spirale du fatalisme, du renoncement, de la lassitude. Rassembler une génération d'acteurs et retrouver ensemble du désir et de l'espoir. La diversité des cultures et des jeunesses européennes sont des ressources inouïes pour lutter contre le national-populisme, résister au déclinisme, redonner du sens au projet européen. Des milliers d’acteurs de terrains vivent l’Europe dans leur quotidien et tissent des liens, de Lisbonne à Tallinn. L’Europe est la bonne échelle d’action pour traiter des grands sujets où l’union fera la force : le changement climatique, la montée des inégalités, la régulation du capitalisme. Mais elle ne pourra devenir une échelle d’action légitime que si nous parvenons à démocratiser les décisions de l’Union européenne et à favoriser une vraie circulation des idées et du débat sur le continent. L'Europe de l’année Zéro, c'est celle d'une nouvelle ère, celle de la reconquête démocratique et écologique, celle de la jeunesse.

Diana Filippova

Diana Filippova

Diana est cheffe d’entreprise, auteure et essayiste. Présidente-fondatrice de l’agence Stroïka, elle a été auparavant responsable de l'écosystème start-up à Microsoft, administratrice civile à Bercy, et porte-parole du collectif Ouishare. Son premier livre, Société Collaborative, la fin des hiérarchies paraît en mai 2015. Elle contribue régulièrement aux magazines généralistes et économiques (Le Monde, les Échos, Alternatives Économiques, la Tribune, Socialter, etc.) ainsi qu’à France Culture. Elle prépare un essai sur le pouvoir, la politique et la technologie à paraître aux éditions Les Liens qui Libèrent en 2018.

S’inscrivant dans la tradition des humanités numériques et de l’analyse critique de la technologie, Diana cultive une approche de la technologie comme expression d’une idéologie et d’une vision des rapports sociaux, dont elle analyse les effets sur nos libertés publiques et privées. Elle promeut un gouvernement démocratique des nouvelles technologies pour mettre celles-ci au service de la reconstruction de cadres collectifs, d’un espace de délibération et d’un vivre ensemble. Entrepreneure depuis plusieurs années, elle oeuvre pour une vision de l’entreprise investie d’une mission sociale et écologique effective qui, au-delà de la question d’éthique des dirigeants, répond à une politique publique nationale ferme et ambitieuse.

Vincent Carry

Vincent Carry

Né en 1971, Vincent Carry est un acteur culturel européen.

Sa cause : Créer des outils, des lieux et des événements au service des générations émergentes d’acteurs culturels, d'artistes, de porteurs de projets, et les mettre en synergie au niveau européen.

Son action : Acteur de la scène musicale indépendante de 1988 à 1997, puis journaliste cinéma et culture, il prend la direction d'Arty Farty en 2002 et crée le festival Nuits sonores en 2003.

En 2008 il devient conseiller artistique de la Gaîté lyrique à Paris jusqu’en 2016. En 2011, il lance le projet European Lab, un forum international dédié au futur de la culture et à ses enjeux démocratiques en Europe. Depuis 10 ans, Nuits sonores et European Lab ont voyagé dans une quinzaine de pays, de Tanger à Bogota, en passant par Delphes, Bruxelles, Shanghai, Séoul, Paris, Zurich, Francfort...
En 2013, il crée le Sucre, rooftop et lieu culturel indépendant installé sur le toit d'un immeuble de 1930, la Sucrière.
2015 est l’année de lancement de We are Europe, projet européen de grande coopération qui rassemble 8 festivals et forums dans un programme d’échange et de co-création sur trois ans.
Il travaille actuellement sur le projet Hôtel 71, dédié à l’accompagnement des porteurs de projets culturels émergents et sur la création d’un média culturel européen.